La secrétaire d’État à l’éducation prioritaire, Nathalie Elimas, a lancé fin novembre par voie de presse, une nouvelle bataille contre l’éducation prioritaire qui intervient dans un contexte social dégradé.

Non à la contractualisation !
Dès septembre 2021, les académies d’Aix-Marseille, de Lille et de Nantes vont servir de laboratoires de la future réforme envisagée pour 2022 (dans la continuité du rapport Azéma-Mathiot de 2019). La généralisation de la concurrence entre les établissements continue avec des moyens qui ne seraient plus alloués de manière systématique sur la base d'une labélisation. Des « contrats » de trois ans entre les établissements et les rectorats vont être mis en place, sur la base de projets apportant en contrepartie des moyens « à la carte » (heures d'enseignement, moyens de formations, dotation pour fonds sociaux...). Leur condition d'attribution reste à ce jour floues comme les établissements concernés. Les établissements REP, les anciens lycées ECLAIR mais aussi certains établissements ruraux, seraient visés. Nouveauté, les établissements privés feraient également leur entrée dans l’éducation prioritaire, renforçant leur attractivité et la ségrégation scolaire, en captant des moyens publics ! Les établissements REP+ seraient épargnés pour l’instant, mais pour combien de temps ? Quand on déshabille Pierre pour habiller Paul, tout le monde est perdant. Déjà dans le contexte de suppressions de postes dans le secondaire, ces établissements ont vu fondre leur dotation ces dernières années. C’est encore l’austérité qui guide ce projet. On supprime des moyens à ceux et celles qui en ont le plus besoin ! Dans les Académies expérimentatrices, la réforme va se faire à marche forcée. Les établissements ont jusqu'au 16 décembre pour faire remonter leurs projets. Un arbitrage national est prévu mi-janvier par la DGESCO pour la validation des contrats alors que personne ne connaît encore le contour du projet ! Encore une fois la méthode illustre un mépris inadmissible envers les personnels et usager·ère·s !Mobilisons-nous pour une éducation prioritaire élargie et cadrée nationalement !
Seule la lutte paie ! En 2015 et 2016, la lutte dans l’académie d’Aix-Marseille a permis pour les ex-lycées ECLAIR, le maintien de l’indemnité pour les personnels qui en bénéficiaient et la possibilité de dédoubler les effectifs en classe. Nous appelons les personnels à organiser des HIS, à se rassembler en AG, à lancer des caisses de grève pour les collègues les plus précaires. Seul un mouvement massif, unitaire nous permettra de faire reculer le ministère !La CNT-Solidarité Ouvrière revendique :
- - une carte nationale élargie intégrant les lycées, basée sur des données sociales et pédagogiques objectives
- - le maintien des indemnités et leur extension à tous les personnels
- - une augmentation massive des moyens et la création de postes (titulaires) d’enseignants de personnels de vie scolaire, de personnels médicaux-sociaux, de personnels administratifs
- l’augmentation des salaires et la baisse du temps de travail
- un plan d’investissement matériel pour les établissements, en lien avec les collectivités