A la gestion catastrophique de la crise sanitaire par le ministère s'ajoute des questions plus lourdes sur le sens de nos métiers avec une "continuité pédagogique" au forceps et inégalitaire 👉 le point de vue de la fédération CNT-SO Éducation & Recherche 👇

La CNT-SO confirme que dans un contexte de crise sanitaire, la priorité doit être donnée à la protection de la santé des travailleurs.ses en leur permettant de rester à domicile avec la garantie d’être rémunéré.e.s, y compris pour les personnels précarisés (contractuel.le.s, ATSEM…).
Nous réaffirmons que lorsque le travail est nécessaire, par exemple pour accueillir les enfants des personnels soignants, cela doit se faire avec des personnels volontaires et dans le respect des conditions de sécurité sanitaire. En Italie un front syndical uni, sans possibilité de manifester, à réussi à imposer au gouvernement italien l’application de règles sanitaires dans les emplois sous pression. En France, nous appelons à une union syndicale pour exiger l’obtention des masques et l’application stricte des règles sanitaires pour tous-tes les salarié.e.s.
Les salarié.e.s réquisitionné.e.s ne doivent pas être envoyé.e.s « au front » sans protection !
Le ministre Blanquer, après avoir fait la démonstration de son manque d’anticipation en affirmant que l’école ne fermerait pas, prétend face à la menace épidémique que l’Éducation nationale est « prête » à répondre au défi de la continuité pédagogique. Au delà de la dénonciation d’un effet de communication, nous confirmons que ce n’est ni logistiquement, ni pédagogiquement le cas !
Nous dénonçons ici l’utilisation opportuniste de la crise sanitaire pour avancer au travers du dispositif expérimental, des réformes de la pédagogie, du statut, du statut, de la fonction de l’enseignant et des finalités de l’école. La volonté d’expérimenter à grande échelle un enseignement à distance pose problème :
- En termes de conditions matérielles : débit internet insuffisant, pannes de réseaux pédagogiques (ENT, Pronote…) non adaptés à la connexion en nombre.
- En termes de conditions sociales d’accès à l’éducation : inégalités d’accès aux ressources technologiques et culturelles, manque d’aide familiale à l’appropriation des contenus.
- En terme de contenu pédagogique : les difficultés inédites liées à la situation du confinement n’ayant pu être anticipées par les enseignants, la plupart des cours en ligne se réduisent à des propositions de lecture et à des exercices d’application. Fortement prescrites par le ministère, ces propositions s’éloignent des pédagogies actives, de la pratique manuelle ou de l’expérimentation que nous savons, par expérience, utiles et nécessaires à l’apprentissage du plus grand nombre d’élèves.
- En terme de suivi pédagogique et d’évaluation, l’enseignement à distance va augmenter les inégalités dans les apprentissages et rendre difficile une juste évaluation d’individus privés de la dynamique du groupe.